Analyse Croisée : The Cutie Map, dictature orwellienne ?

Bien le bonjour camarades poneys. Aujourd’hui, et pour célébrer l’absence totale d’événements à célébrer, j’ai décidé de vous écrire un deuxième volet de cette j’espère sympathique série d’article nommée Analyse Croisée. Et aujourd’hui, on parlera de 1984 et donc de dictature, de totalitarisme et de propagande.

Afin de pouvoir analyser correctement les similitudes entre la dictature présentée dans 1984 de George Orwell, et le régime mise en place par la licorne Starlight Glimmer, il va d’abord falloir rechercher les caractéristiques principales de la première. Pour cela, et si vous n’avez pas encore lu l’œuvre en question (ce que je vous conseille de faire de toute façon), nous allons nous appuyer sur les caractéristiques « saillantes » de la dictature inventée par George Orwell.

Un parti unique : caractéristique primaire de la dictature

Il ne fait aucun doute que le Parti au pouvoir dans 1984 est un parti unique, qui ne voit donc aucun opposant politique lui contester sa supériorité. De la même façon, Starlight Glimmer possède à elle seule toute autorité sur son village. Cela est déjà une assez grande différence, quoiqu’elle peut être expliquée non de façon idéologique, mais simplement de façon logistique : là ou le Parti de 1984 a inventé le personnage de Big Brother, dictateur (sans doute) imaginaire, et a assumé tout le pouvoir, Starlight Glimmer, qui n’avait besoin de régner que sur un petit village, pouvait assumer toute l’administration toute seule. Elle a donc à la fois un rôle représentatif (celui de Big Brother) et un rôle de « vrai » pouvoir (celui du Parti). En parlant de pouvoir, dans les deux cas, les instances dirigeantes concentrent tous les pouvoirs, y compris le « contre-pouvoir » que sont censés être les médias, au travers de la propagande. Cette non-séparation des pouvoirs est bien souvent vu comme une des principales marques du totalitarisme.

Propagande et manipulation, ou comment garder le pouvoir

InOurTownNous entrons ici dans le cœur de notre sujet. Il est difficile de garder le pouvoir une fois acquis, et les dictatures mettent donc généralement en place des infrastructures permettant de garder le contrôle sur leurs peuples. Et dans le cas de 1984, ces infrastructures sont nombreuses, et au cœur même du récit. Ici l’Ingsoc – le parti unique au pouvoir – ne recule devant rien pour garder le pouvoir : surveillance continue, propagande (le Ministère de la Vérité va jusqu’à modifier l’histoire), et torture dans le cas des éléments les plus « rebelles » de la population, comme Winston, le héros, qui passe un assez mauvais moment dans la salle 101.

Dans My Little Pony, même si ces caractéristiques sont moins extrêmes, elles n’en restent pas moins assez présentes. On voit bien que les poneys sont censurés, puisque ceux qui paraissent se protester quelque peu contre l’autorité de Starlight Glimmer sont obligés de le faire en cachette. De la même façon, on voit que le village est soumis à une importante propagande, au travers de la chanson et de la danse du village, mais aussi avec la cabane dans laquelle les Mane 6 sont enfermées. Cette cabane et les messages qui y sont diffusés sont d’ailleurs le point le plus saillant, et s’apparentent à des camps de rééducation mis en places par des dictatures diverses et variées, ou même à la salle 101 de 1984, quoiqu’en moins violent tout de même, dessin animé pour enfants oblige.

Les sujets sur lesquels portent ces propagandes sont également extrêmement importants. Dans le cas de 1984, comme déjà expliqué, les mensonges portent principalement sur l’histoire, et plus spécifiquement sur l’état de Guerre permanent dans lequel l’Océania se trouve vis à vis de ses voisins. Cette menace d’une invasion extérieure permet à l’état de garder ses citoyens dans la peur, et donc sous contrôle.

Une identité menacée

equal

Le village de Starlight Glimmer lui tient comme son objectif principale la « vraie » amitié, au travers d’une société égalitaire. L’ennemi y serait donc l’inégalité qui règne dans le reste d’Equestria. L’idéologie est presque plus importante que dans l’œuvre de Georges Orwell, puisque c’est elle qui justifie toutes les actions de Starlight Glimmer, y compris l’action principale : la suppression de la Cutie Mark des habitants du village. C’est d’ailleurs un acte qu’on peut rapprocher de la suppression d’identité opérée dans 1984, ainsi que dans plusieurs dictatures modernes : l’uniformisation, que ce soit d’un point de vue physique ou psychologique, permet tout d’abord de pouvoir surveiller son peuple (si une personne se comporte différemment, c’est louche…) et également, en reniant l’individualité de cet individu, de placer une barrière qui l’empêchera même de penser à se révolter : en intériorisant le fait qu’ils sont semblables aux autres, comment pourraient-ils décider de faire quelque-chose de différent ? On voit bien, dans le cas de Starlight Glimmer, qu’un seul poney suffirait physiquement à la détrôner (ce n’est pas un personnage particulièrement puissant), mais que les poneys en question ne cherchent même pas à se rebeller, même si leur condition ne leur convient pas totalement (comme on le voit lors de la réunion secrète).

Violence : physique ou psychologique ?

room

Afin de pouvoir contrôler correctement son peuple, la plupart des dictatures ont aussi besoin d’exercer une forme de violence sur lui. Dans la plupart des dictatures historiques, il s’agit d’une violence plutôt physique, au travers de la torture par exemple. Dans 1984 en revanche, cette violence, si elle est encore en quelque sorte physique, s’appuie énormément sur la psychologie : la salle 101 permet en effet de montrer à ceux qui s’y trouvent leur pire peur (dans le cas de Winston, se faire manger par des rats). Dans My Little Pony, ou la violence physique est bien sur très limitée, la torture est totalement psychologique. En particulier, la pièce ou Starlight Glimmer tente de laver le cerveau des Mane 6 est un cas de violence psychologique assez grave : la voix enregistrée qui martèle l’idéologie du village, et qui ne laisse aucun répit aux Mane 6, peut être rapprochée de certaines méthodes de torture consistant à empêcher la victime de dormir, méthode encore utilisée d’ailleurs par certains services secrets.

La dictature expliquée aux enfants

On voit donc bien que la dictature présentée dans The Cutie Map est grandement expurgée des éléments les plus violents pouvant être trouvés dans 1984, mais qu’elle en est malgré tout très proche. Une fois de plus, les scénaristes ont réussi à aborder un sujet adulte, qui peut d’ailleurs être rencontré dans de nombreuses autres œuvres de fiction que 1984, de façon « légère », et adapté au jeune âge de leur public. D’ailleurs, contrairement à 1984, l’épisode se finit bien, par une lueur d’espoir qu’Orwell voyait lui étouffée. C’est, pour moi, le seul défaut de l’épisode, car cela affaiblit considérablement son message, mais bien entendu, les scénaristes n’avaient pas d’autre choix que celui-ci.

Bien entendu, si vous avez quoi que ce soit à ajouter à cette analyse, je vous invite à le faire dans les commentaires ! Je vous suggère aussi encore une fois la lecture de 1984, et je vous souhaite de passer de bonnes vacances loin de toute dictature !

Montage du début par Xplosion

Ce contenu a été publié dans Analyses par Vertmo, et marqué avec , , , , . Mettez-le en favori avec son permalien.

A propos Vertmo

Brony français de 18 ans, programmeur débutant à mes heures et grosse feignasse la plupart du temps, je suis le rédacteur spécialisé dans la catégorie produits dérivés officiels. Sinon je suis aussi un fan de Gravity Falls et de tout un tas de trucs de geeks. N’hésitez pas à m’ajouter sur Skype, ou mon pseudo n’est pas différent d’ici, j’adore rencontrer de nouveaux gens.

Poster un commentaire - Post a comment

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s